CRUCIVILLAGE-STORY
Contes et légendes de la Vallée du Lérot

crucivillage

CRUCIVILLAGE

Dans ce numéro, votre serviteur vous présentera Crucivillage, petite bourgade vivotant en la vallée du Lérot, dernier fleuve sauvage. Ce village traversé par une napoléonienne voie vit au  rythme d’un tacot en perte de vitesse.

En souvenir du passage d’un ecclésiastique célèbre, le nom de Crucivillage fut donné à cette bourgade. Ce pontife par deux fois traversa ce village. Son premier passage eut lieu en grande pompe, lorsqu’il courait le guille-doux à travers notre belle Gaule pour dorer le blason d’un Empire en mal de légitimité.

Son second passage fut bien moins glorieux : ironie du sort, il se trouvait captif sur ordre du même Empereur qui, sur le déclin voyait son autorité fortement contestée par une église conservatrice qui dénonçait les impériaux abus et les crimes du système. Sous discrète escorte, enfermé dans un coche, fatigué par l’âge et la maladie, notre prélat arriva donc au principal carrefour de notre bourgade. Il s’y arrêta pour se reposer quelques instants et y accepter une petite collation généreusement offerte par des habitants surpris de cette visite impromptue, puis il reprit sa route en direction de la Capitale.

Déjà comme à notre époque, des individus, pour la plupart des notables, firent récupération de cette anecdote en édifiant  une croix  en mémoire du pipi romain en notre belle terre. Des années plus tard cette croix s’étant détériorée, elle fut remplacée par un « truc » inauguré à grand renfort de satrapes.

Quelle idée eurent-t-ils là ?  Ce monument,  tel un phallus fatigué par d’inavouables fredaines, impose sa stature en  notre paysage local. Aujourd’hui encore, à l’instar des « bras de dieu » de l’époque, nos personnalités politicardes locales, souhaitant se faire mousser, en toute occasion vénèrent encore ce phallus dont la charge et l’entretien coûtent aux manants de notre bourgade. Ce passage soutané n’eut de traces laissées si ces mêmes sommités de l’époque n’avaient point songé à vénérer ce menhir comme  une historique érection.

D ans les numéros à venir, nous l’allons vous conter les conséquences que ce machin entraînera en notre vallée, telles que les vécurent les buste-tristes. Nous vous narrerons également le comportement de certains bustes-tristes qui,  électiquement déformés, s’identifient à  cet historique édifice,  se prenant ainsi pour « d’indispensables monuments ». vécurent durant des années les habitants de notre bourgade, couramment appelés « bustes-tristes ». 
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Les personnages sont imaginaires, toute ressemblance ne serait que le fait du hasard et toute interprétation n'engage que le lecteur.
Blaireau
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