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TRONSANGES

DE 980

A

1815


HISTOIRE DE LA COMMUNE de TRONSANGES
(Recherche effectuées par des élus, publiées dans le bulletin municipal de janvier 2000)

Son Nom,

En 1080,nous trouvons TRONSANGES sous le nom de «TRONSONGIAS», nom un peu mystérieux, peut-être issu du latin «Très undias », les trois ondes ou les trois rivières. Le village se trouve en effet au confluent de trois petites vallées.

Le territoire

Le sol de cette région est fortement accidenté, moitié plaine, moitié hautes collines. Les cultures, au siècle dernier, étaient variées. On produisait du bon grain en plaine et du vin sur les coteaux ensoleillés. Les arbres fruitiers y étaient abondants. Le village produisait également du foin et du chanvre et exploitait le bois de la forêt proche.

Beaucoup de biens de la commune appartenaient jusqu’à la révolution, aux bénédictins du prieuré de la Charité sur Loire. Ces biens leur furent octroyés par plusieurs seigneurs de Tronsanges. Beaucoup de nobles abandonnaient d’immenses domaines pour occuper, après leur mort, quelques pieds de terre dans l’église du couvent révéré.

Ainsi en 1088,Hugues et Landry de Turcy donnèrent au Prieuré de la Charité la terre de Charly située dans la «seigneurie de Tronsanges», donation qui fut confirmée par Hugues de Tronsanges. Ce dernier ajouta, au prieuré, l’octroi, d’une partie de la récolte du domaine de la Charnaye, petit fief dont le modeste manoir couronnait une éminence voisine de la Loire.

Comme tous les biens ecclésiastiques, le domaine de la Charnaye fut mis en vente pendant la période révolutionnaire. En 1793, La Charnaye était achetée par Brasset mais jugée d’un prix trop bas, elle fut remise en adjudication et remboursée au premier acquéreur.

En 1188, avant de partir pour la Croisade avec Philippe Auguste, Jehan Lepic remet aux religieux son droit de lever impôt sur-le-champ de la Charnaye pour subvenir aux frais de l’aumônerie.

Le patrimoine

-Léglise.

En 980 le territoire de Tronsanges possédait une chapelle dédiée à Notre-Dame. Celle-ci fut donnée par «Dame Emma au chapitre de la Cathédrale de St Cyr de NeverS avec les biens qui l'accompagflaient ». Une des parcelles de terre appartenant à la chapelle avait été par ta suite "saisie" par Vuibert, chevalier, et restituée par ses fils pour le salut de l’âme de leurs parents.

Cette Chapelle fut au 11 lême siècle érigée en église, toujours sous le vocable de Nôtre Dame, et offerte au Prieuré de la Charité en 1088. Elle est consacrée à Saint BIaise représenté sur un tableau du 17 eme siècle, installé au-dessus du maître-autel, et malheureusement en assez mauvais état. L’église est également consacrée à Saint Abdon, protecteur des moissons. La nef est remarquable par son plafond en bois.

Il est curieux de constater que l’église n’a pas de clocher. Ce dernier n'aurait-il jamais existé ? Ce serait étonnant mais nous n’avons pu encore l’époque où il aurait été supprimé ou détruit.

Eglise 4

Sous la charpente de l’église est un vaste grenier auquel on accède difficilement par une échelle de meunier. S’y trouve une très grosse cloche datée de 1521 portant deux rectangles en relief: sur le premier, figure le Christ en croix entouré de deux personnages peut-être la Vierge et Saint Jean sur le second, la Vierge à l’enfant, en position assise. Tout autour de la cloche court une inscription en latin. A cette cloche est fixée une corde qui permettrait, si besoin était de la faire sonner. La cloche est suspendue à une forte poutre.

Un document fait état d’un projet de confessionnal à construire dans l’église à la fin du 18 eme siècle. Ce meuble a effectivement été exécuté mais n’existe plus actuellement, son état n’a pas permis de le restaurer.

Pendant longtemps il y eut, face au portail de l’église une «pierre d’attente»ou «pierre des morts». Ces pierres étaient des sortes de tables sur lesquelles on déposait le cercueil en attendant le prêtre. Les pierres des morts sont devenues extrêmement rares dans la région.

Les Hommes

Parmi les seigneurs de Tronsanges, on relève le nom de Pierre Cotignon de la Charnaye, poète bucolique du 17 eme siècle dont le lieu de naissance fut peut être le hameau de la Charnaye. Il est surtout connu pour sa pastorale intitulée «Bocages», pièce en cinq actes qui met en scène d’invraisemblables intrigues amoureuses entres bergers et bergères auxquelles se mêlent personnages fabuleux et chevaliers. Cette pièce valut à la Charnaye les félicitations de Rotrou, poète dramatique de Richelieu ; puis l’auteur tomba dans l’oubli. Ses armoiries étaient «sautoir d’or en champ de gueule».

La révolution apporta bien des troubles dans le fonctionnement de la paroisse. Ainsi, au mois d’août 1790 les officiers municipaux de Champvoux adressèrent à l’assemblée constituante une pétition, dans laquelle ils demandaient la réunion à leur paroisse de celles voisines de Saint Marcel de Munot, Saint Martin de la Marche, Saint BIaise de Tronsanges et Saint Etienne de Chaulgnes, comme étant au centre de ce territoire.

Le comité ecclésiastique renvoya la pétition au directoire du district qui procéda à une enquête à ce sujet. Les habitants des autres paroisses protestèrent naturellement contre cette idée et la demande de Champvoux fut rejetée comme «dérisoire».

La paroisse de Tronsanges ne put garder toutefois son curé. Elle fut, par force rattachée à Garchizy et ce, jusqu’en 1815, année au cours de laquelle la paroisse retrouva son autonomie.